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Photographes – Peintres

Pierre Delavie se définit comme « un sauvage, au sens étymologique du terme, c’est-à-dire un habitant des forêts ». Ce besoin d’air se marie à une défense du vivant que ce végétarien avant l’heure, trente ans sans faire de mal à une mouche, a insufflé à son art.

En 1990, en voyageur inspiré il s’est rendu sur les rives silencieuses du Groenland réputée terre de personne pour sculpter avec une équipe de trente aventuriers une baleine monumentale à même la glace d’un iceberg. Ce cri d’alarme militant sur les menaces qui pèsent autour du climat et de la biodiversité inclut l’Humain par le biais d’œuvres plus récentes telle que Le Radeau de Lampeduse. L’embarcation s’est échouée sous les fenêtres de l’Hôtel de ville parisien pour aider le BAAM, Bureau d’Aide et d’Accueil aux Migrant.es au moyen de ce qu’il nomme lui des détrompe l’œil ; et que les InRocks qui lui ont consacré leur une pour Lille 3000, qualifient de mensonge urbain. Ses mensonges ? Ramollir un immeuble haussmannien avenue George V à Paris, faire éclore sur la chapelle du château de Versailles la plus grande anamorphose mondiale, se livrer à un Détournement de canebière, devenu l’œuvre phare de la Capitale Européenne de la Culture 2013, commettre un Rapt architectural sur la façade du Grand Palais avec Néo, une œuvre « de déconstruction », qu’il commente un sourire au coin des lèvres : « le monde tel que nous le percevons n’est peut-être qu’une hypothèse. Le perturber permet d’ouvrir un champ expérimental de création et de s’affranchir d’une dépendance à l’égard de nos habitudes visuelles ».  

Son terrain de jeu se situe le plus souvent hors des musées pour envahir la ville. Ainsi Colchide, ou les Encombrants, suite d’images et de sculptures s’invitant à Paris et ailleurs, on ne sait ni quand, ni pourquoi, ni comment mais toujours avec la même énergie troublante. Lors de la Nuit Blanche 2016 l’artiste s’est attaqué à la Conciergerie qu’il a habillé d’une œuvre monumentale, Côte 15,28 : l’amour déborde.  

On ne s’étonnera pas qu’en suivant la Seine Pierre Delavie ait désiré s’immerger au Havre, une ville à part qui permet de tutoyer la terre, la mer, et le ciel dans un même baiser d’été. 

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